Résolution sur la défense de l’autonomie institutionnelle, des libertés universitaires et de la gouvernance collégial

Attendu que l'enseignement supérieur constitue un bien public, essentiel à la vie démocratique, à l’épanouissement des sciences et à la prospérité sociale;

Attendu que l’autonomie institutionnelle, les libertés universitaires, et le principe de gouvernance collégiale sont les piliers fondamentaux d’un service public essentiel : l’université;

Attendu que de nombreuses universités aux États-Unis font actuellement face à des attaques politiques systématiques menaçant la liberté d'enseignement et de recherche, notamment par des lois visant à restreindre l'enseignement de sujets jugés controversés, par la mise sous tutelle ou la dissolution de départements entiers pour des raisons idéologiques et par la censure imposée aux professeur·e·s ou par le climat de peur qui paralyse ces derniers ou les poussent à s’autocensurer;

Attendu que ces attaques aux États-Unis, dénoncées par l’American Association of University Professors (AAUP), ont des répercussions sur l’ensemble du monde universitaire et inspirent déjà des initiatives similaires au Québec et au Canada, mettant en péril l’intégrité de nos propres institutions d’enseignement supérieur;

Attendu que les interventions récentes de la ministre de l’Enseignement supérieure du Québec aux CÉGEP Dawson et Vanier visent à limiter l’expression académique et à censurer des thématiques d’enseignement et de recherche;

Attendu que la réduction radicale du nombre d’étudiant·e·s internationaux imposée par le ministre de l’Immigration du Québec et l’absence de mesures financières compensatoires expose de manière critique le sous-financement structurel de l’université publique;

Attendu l’interférence politique sans précédent dans l’histoire universitaire canadienne, du projet de loi 12 de la Nouvelle Écosse, qui permettrait au gouvernement, entre autres, de nommer jusqu’à la moitié des membres des conseils d’administration des universités et d’interférer dans le choix de certains programmes et dans le financement de certains projets de recherche;

Attendu que les suspensions ou suppressions draconiennes de programmes (par exemple, à l’Université York, en Ontario) et de postes (comme à l’Université McGill, au Québec);

Attendu que l’ensemble de ces types d’action constituent des dérives politiques et représentent une menace directe pour l’intégrité et la qualité de l’enseignement supérieur, dénoncées par l’Association canadienne des professeurs et professeures d’université, la Fédération québécoise des professeurs et professeures d’université, l’Association of Nova Scotia University Teachers, la Ontario Confederation of University Faculty Associations, entre autres.

Il est résolu que le SGPPUM :

1. Exige des gouvernements le respect des droits protégés par les libertés universitaires;

2. Condamne toute tentative, qu’elle soit politique, idéologique ou économique, de restreindre l’indépendance intellectuelle des professeur·e·s et des chercheur·e·s;

3. Exige des gouvernements un financement à la hauteur de la mission de l’université publique afin d’en garantir l’autonomie;

4. Soutienne et initie des collaborations intersyndicales à l’échelle provinciale et nationale, en lien avec la défense des libertés universitaires et l’accès à l’éducation supérieure pour toustes.

Résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil syndical, le 28 mars 2025

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